L’ouverture régionale : une nécessité vitale pour Mayotte

Publié le par Said AHAMADI

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Par la consultation référendaire du 29 mars 2009, le peuple mahorais a parachevé son combat politique d’autodétermination initié en 1958 au moment des indépendances africaines. La majorité issue des cantonales de mars 2011 se doit alors de ne plus pratiquer la politique de l’autruche en ce qui concerne l’ouverture de notre département vers sa région immédiate : les pays du Canal de Mozambique.

 

L’Assemblée unique disposera de compétences régionales accrues. Nous devons être en mesure de ne pas décevoir notre population qui subit depuis 2008 une crise identitaire et sociale sans précédent. Les atermoiements politiques doivent être bannis au profit d’un projet régional d’envergure concret et clair dont la finalité reste l’amélioration des échanges économiques pour un progrès social partagé.

 

En trente années de modernisation de notre société mahoraise au sein de la République française, nous avons acquis une certaine maturité en matière d’organisation politique et administrative même si la transition sociale a encore du mal à s’opérer de manière convenable. Nous pouvons être leader dans la recherche d’une solution profitable pour tous les acteurs économiques et politiques de la sous-région.

 

Mais pour cela, nous devons être pragmatiques, ouverts et attentifs aux propositions extérieures. Nous devons surtout nous affranchir d’une tutelle politique nationale jusqu’à ce jour inefficace dans la recherche d’une solution pérenne des relations entre notre archipel de Mayotte et ses voisins, notamment comoriens. Il faut substituer le « Groupe de Travail de Haut Niveau » (GTHN) à un dialogue direct franc et sans hypocrisie entre les élus mahorais et comoriens sur l’égide de l’Ambassade de France à Moroni.

 

De plus, l’Assemblée unique de Mayotte doit pouvoir nouer des relations directes de partenariat stratégique entre le Gouvernorat d’Anjouan. Ainsi, pourrions-nous réguler l’important flux migratoire irrégulier des étrangers de toutes sortes vers notre territoire via l’île d’Anjouan.

 

Aujourd’hui, notre Etat dépense au moins 50 millions d’euros chaque année pour reconduire des étrangers en situation irrégulière vers Anjouan. A cela s’ajoute une somme de 300 000 € consacrée à des actions ponctuelles en faveur de la coopération régionale avec l’Etat comorien. Malgré cet effort financier très important consenti, force est de constater que le résultat attendu n’est pas toujours atteint.

 

Il convient donc de « changer le fusil d’épaule ». L’utilisation de cet argent dans des projets d’investissement structurants, notamment des écoles publiques et des dispensaires de proximité, à Anjouan doit être une nouvelle approche concrète de création de richesses à Anjouan. Il faut préciser que maintenant, désespérées socialement, les familles anjouanaises n’hésitent pas à prendre le « kwassa-kwassa » (embarcation de fortune) avec de nombreux enfants afin qu’ils soient scolarisés à Mayotte. Ces enfants, âgés de 6 à 14 ans et dont les parents sont pour la plupart expulsés faute de titre de séjour valable, errent le plus souvent dans les rues de la zone urbaine à Mamoudzou surtout et se livrent parfois à des actes de délinquance regrettable.

 

La proximité de Madagascar doit être également une opportunité économique et culturelle pour nous dont un grand nombre possède des liens familiaux dans ce pays. Le développement des échanges, notamment dans le domaine des produits agricoles et de la viande bovine, peut être une bonne piste d’intégration réussie de Mayotte dans son environnement régional. Pour cela, il va falloir mettre les bonnes personnes aux bonnes places, autrement dit avoir des profils de postes à respecter.

                                                               

  Saïd  Ahamadi, président du PSM.

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Publié dans Politique

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