L’adoption du 101ème département français : Un nouveau Dom à construire

Publié le par Said AHAMADI

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Cette tribune fait suite à l’adoption par l’Assemblée nationale le 22 novembre 2010 des projets de loi relatifs à l’organisation et au fonctionnement du département de Mayotte.

Je ne suis pas sûr que, par cette validation législative du choix politique clairement exprimé par la majorité des Mahorais depuis 1958, « un chapitre de notre histoire se referme », laissant la place à un autre. Ce projet politique appelé « département d’outre-mer (Dom)» auquel se sont accrochés nos parents, refusant ainsi le divorce par consentement mutuel avec la France qu’ils avaient appris à aimer malgré ses différences culturelles, a été conçu pour nous.


Il convient dorénavant de mettre un contenu à ce nouveau statut en fonction de notre histoire particulière dans la France et dans les îles de la sous-région de l’océan indien. Pour cela, nous devons avoir une attitude cartésienne dans notre positionnement politique. Le Président de la République, qui est à l’origine de l’accélération du processus inéluctable de départementalisation à des fins politiciennes, n’a-t-il pas consenti que le « Département de Mayotte reste à inventer » ? Par qui ? Tout porte à croire que ce département sera construit par les autres, et non pas par les natifs de ce pays vont subir, si rien n’est fait sérieusement, le sort des amérindiens.


La plupart de nos dirigeants politiques, croyant être autonomes alors qu’ils sont généralement manipulés, répètent en effet les formules toutes faites de leurs collègues nationaux qui n’ont portant aucune expertise réelle de la société mahoraise. Le Mahorais est par conséquent à la marge du développement politique, économique et social insulaire.

Je propose par conséquent à chaque citoyen français d’origine mahoraise [d’autres voudraient maladroitement que l’on dise français d’origine « comorienne »] qu’il n’oublie pas les paroles de ses parents sur les motifs du choix départemental en 1958. A cette date, les métropolitains ne connaissaient pas encore le Revenu minimum d’insertion (RMI) qui est en fait la marque d’une dégradation sociale plutôt que le signe d’une abondance de richesse.

 D’ailleurs, l’un des principaux artisans de la départementalisation de Mayotte, Younoussa Bamana, alors président du Conseil Général au moment de la naissance du RMI dans l’Hexagone en 1989, s’est prononcé clairement et de manière continue contre l’extension de ce dispositif à Mayotte.


Nous ne devons pas perdre de vue l’esprit de l’accord du 27 janvier 2000 qui est le véritable pacte républicain [Mahorais et Français (tous les partis politiques représentés au Conseil Général de Mayotte et le Gouvernement français) l’ont signé contrairement au pacte pour la départementalisation de décembre 2007 qui n’engage que le Président Sarkozy].


En mars 2011, la majorité au Conseil Général qui va inaugurer ce nouveau statut doit réfléchir à deux fois avant d’engager la Collectivité locale qui aura à la fois les compétences du département et de la région. Il s’agit d’une gageure. Les élus mahorais ne pourront plus se réfugier derrière le Représentant de l’Etat [le Préfet] pour masquer leurs insuffisances en matière politique, administrative et de stratégie économique. Et en ces temps de crise financière et sociale, l’élection d’un Conseiller territorial revêt une importance. On ne peut plus élire des personnes qui attendent que les autres travaillent à leur place ; mais s’empressent d’empocher les indemnités liées à leurs fonctions de représentant du Peuple. En un mot, les nouveaux élus doivent savoir qui leur a donné mandat pour agir ou ne pas agir. Enfin, le projet politique de la nouvelle majorité doit être connu. On ne peut pas se suffire d’une expression « l’Etat est là » !

 

   

Saïd Ahamadi, Président du PSM.

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Publié dans Politique

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